Apprivoiser l’incertitude la compétition

by psysport on juillet 20, 2011

«Face à une situation délicate, ce qui importe n’est pas ce qui va se passer, mais ce que tu vas faire» Montse Ferraro, championne espagnole de plongeon

Compétition: Apprivoiser l’incertitude

Ne pas savoir ce qui nous attend est à la fois une source de motivation et également une source de peur. Nous nous demandons ce que notre futur nous réserve: Si je m’entraîne bien aujourd’hui, serais-je récompensé demain? Sinon un jour?

Demander au futur de nous répondre au présent est utile uniquement pour notre propre réconfort, cela nous donne un sentiment de maîtrise, de sécurité alors que réussir dans ce que l’on fait ne peut jamais être du domaine de la certitude.

Dans le sport, et encore plus si vous envisagez une carrière professionnelle, ce ne sont pas seulement les efforts au quotidien qui comptent, mais un ensemble de petits détails mis bout à bout qui amènent à non pas éliminer l’incertitude, mais simplement à l’apprivoiser.

Nombreux sont les exemples, où il faudra apprendre à apprivoiser cette incertitude !

Par exemple, lors d’une blessure, la rééducation ou l’étendue de la blessure n’est pas toujours bien évaluée et comme je l’ai précisé dans un précédent article,  la guérison d’une blessure ne dépendra pas uniquement du temps et des aspects médicaux mais aussi de la façon de gérer cette blessure. Si cela est vécu comme une catastrophe et que vous sombrez dans le pessimisme, on pourrait parier que cela mette plus de temps à guérir !

L’incertitude renvoie à sa propre capacité à réaliser ses objectifs. Par exemple,  un joueur de tennis se demandait sans cesse quand il arriverait à gagner son premier point ATP et perdait à chaque compétition l’occasion d’en gagner tant il était bloqué par cette question. Ce qui n’était pas clairement énoncé était plutôt : Suis-je capable de gagner un jour ce premier point ?

Les rêves que l’on fait comportent évidemment une part d’incertitude et de risques. Cela peut faire peur de ne pas avoir la garantie de la réussite et l’on se pose de nombreuses questions : Que vais-je faire si je ne suis pas à la hauteur ? Que m’arrivera-t-il si je n’arrive pas à mon but ? Que vais-je faire s’il m’arrive une grave blessure ? Ceci va parfois vous miner totalement votre vie jusqu’à vous paralyser parfois. C’est ainsi que l’on peut parler de blocages, dont nous ne sommes pas toujours conscient.

Si la peur d’échouer vous obsède (employons un mot fort !), vous allez peut-être attendre passivement que les choses se passent et voir vos chances de réussir dans votre tâche se réduire à néant.

Si vous commenciez par accepter que l’on ne peut pas prévoir les résultats à l’avance, vous commenceriez à vivre un peu plus au présent, et à vous confronter avec la réalité.

Quand l’incertitude paralyse

Plus la peur contrôle vos décisions, plus la peur envahit votre vie et transforme l’incertitude en cauchemar. Ne laisser pas l’incertitude vous paralyser et tomber dans l’immobilisme.

Prendre des risques, cela veut dire oser être à la hauteur de vos envies. Il est plus difficile de perdre en ayant joué à fond et d’arriver à se dire qu’on est pas à la hauteur, accepter la réalité et repartir sur de nouvelles bases. Pourtant, c’est ainsi que se construit le sentiment d’être capable de réaliser quelque chose: à accepter ce que l’on est au présent.

Pour gérer l’incertitude, il faut plutôt chercher à ce qui peut réduire l’incertitude du futur au présent: travailler, se donner au maximum, croire en ses chances, ne pas se laisser perturber par des défaites, apprendre sur soi-même à chaque occasion. Accepter que l’on puisse s’investir totalement, et réussir, ou ne pas réussir. Rien n’est garantit, mais les efforts que l’on fournit chaque jour est la seule chose que vous pouvez maîtriser.

De l’incertitude au défi

L’incertitude se transformera en défi à partir du moment où vous essayerez de prendre des risques et en ayant une meilleure connaissance de vous-même. La peur engendrant la peur, la prise de risque est parfois plus limitée que l’on croit.

Ceci me rappelle ce que Mats Wilander disait à propos de Rafael Nadal dans l’Equipe:  » Dans la vie, il y a les winners, et il y a les losers. Pour moi, Nadal est l’archétype du winner. Et il le sera dans tout ce qu’il entreprendra pour le reste de sa vie. Cela se voit, cela se sent. Il peut perdre ou gagner, cela ne change RIEN, absolument RIEN à sa façon de faire, ou à ce qu’il essaie d’accomplir. Rien ne le fait dévier de son chemin. Et il met tout, victoire ou défaite dans son sac à expérience pour tracer sa route avec. Immuablement. Pour toujours, transformer le bon ou le mauvais en énergie positive. Un loser, lui, est reconnaissable au fait qu’il espère, justement, qu’une victoire changera toute son existence. Et il finit non seulement par avoir peur de perdre, mais pire encore, de gagner.Pas Nadal. Jamais Nadal. Nadal, lui s’en fout complètement. Son mental est trempé dans un acier inoxydable. Et je n’ai jamais vu un champion se jouer à ce point de l’adversité : il est programmé tard le soir, les conditions météo lui sont défavorables, il joue plusieurs jours de suite ? Qu’à cela ne tienne, il ne met que plus d’ardeur à lutter contre ces éléments contraires. Et à en tirer le plus grand profit. Cela le rend furieux, certes. Mais ça le rend aussi plus fort ».

Même si je ne suis pas totalement d’accord avec cette appellation de « winner » ou « looser », je trouve que Mats Wilander éclaire bien ce qui rend Nadal fort mentalement. En effet Rafael Nadal rappelle toujours à quel point il se concentre sur le présent et non sur ses performances futures et sa capacité à accomplir des exploits. Ne pas se projeter est déjà un moyen d’apprivoiser cette incertitude et se concentrer sur les efforts du présent.

 

 

 

 

 

3 Responses to “Apprivoiser l’incertitude la compétition”

  • badstef dit :

    Bonjour,

    Ce post sur l’incertitude des résultats m’a rappelé quelques réflexions.

    D’abord il y a la question des probabilités. S’il y a par exemple une 50e d’inscrits dans un tableau et que l’on considère comme « gagnants » ceux qui arrivent sur le podium, alors le taux de réussite est de 3/50 soit 6%… Faire de la compétition c’est accepter qu’il s’agit d’abord d’une machine à fabriquer des « perdants » (à prendre dans le sens je ne me suis pas qualifié, j’ai perdu le match) 50 inscrits = 47 perdants (mais pas forcément des « losers »).

    Ernie Zélinski, auteur canadien, expliquait que dans 95% des cas nos inquiétudes ne servent à rien car elles concernent des faits qui n’arriveront jamais, ou sur lesquels nous n’avons pas de prise. De ce point de vue le sportif doit sans doute se concentrer sur ce qu’il peut maitriser : son régime alimentaire, le rythme de ses entrainements, les choix tactiques, le matériel… Et lâcher prise le jour de la compétition.

    Qu’en pensez-vous ?

    • psysport dit :

      Effectivement le sport comporte plus de perdants que de gagnants et c’est pour cette raison qu’il faut insister sur l’idée de progression, d’amélioration avant tout. L’incertitude est dans la tête malgré tout et beaucoup sont bloqués par cette idée de ne pas réussir. Lâcher prise le jour de la compétition n’est pas si facile que ça! Sinon il n’y aurait pas de problème mental à résoudre. Effectivement il faut que le sportif comprenne qu’il peut maîtriser beaucoup de choses et que le résultat est une conséquence et non pas juste une finalité.

  • badstef dit :

    Oui c’est vrai que si on résolvait les problèmes psychologiques en un clin d’œil votre travail n’aurait plus d’intérêt !

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