Anxiété et émotions et liens avec la performance

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Après quelques articles concernant le stress, il me paraissait important de parler d’anxiété et d’émotions et d’en comprendre les relations et différences avec le stress, du moins d’un point de vue scientifique.

Si le stress est une réaction à une situation, l’anxiété est plutôt une réaction d’anticipation face à une situation. Elle est considérée comme une « peur sans objet ». Ainsi, l’anxiété va être déclenchée par différents facteurs, situations futures ou imaginaires, vécues comme un danger ou quelque chose de difficilement surmontable.

Différences Stress-Emotions-Anxiété

Contrairement au stress ou à l’émotion (vécue avec des sensations de plaisir/déplaisir), l’anxiété est ressentie de manière pénible. Selon les individus, l’anxiété est vécue comme un état banal (appelé souvent trac) ou alors pouvant reposer sur une pathologie allant jusqu’à la panique. Dans la plupart des cas, les sportifs font l’expérience d’une anxiété non pathologique, mais à un certain point, elle peut devenir invalidante si la situation est vraiment perçue comme menaçante.

Théorie multidimensionnelle de l'anxiété

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MARTENS a évolué vers une théorie multidimensionnelle de l’anxiété : il y aurait trois types d’anxiété séparées qui seraient en interaction : l’anxiété cognitive, l’anxiété somatique et les manifestations comportementales de l’anxiété.

ANXIETE COGNITIVE : préoccupations négatives relatives à la performance, incapacité à se concentrer et une attention perturbée (ex : manque de concentration, incapacité à réfléchir correctement)

ANXIETE SOMATIQUE : perceptions de symptômes corporels provenant directement des processus d’excitation autonome : battements du cœur, souffle court, mains moites, nœuds dans l’estomac, muscles tendus.

Les composantes COMPORTEMENTALES DE L’ANXIETE : expressions faciales, changements de modes de communication qui traduisent l’agitation, impatience, nervosité.

Ainsi l’état d’anxiété serait « gérable » et peut amener à être modifié avec des restructurations cognitives (on peut amener l’athlète à ne pas percevoir cette menace), alors que le trait d’anxiété fait partie de la personnalité est peut-être réduit avec des techniques de relaxation par exemple.

Les émotions en sport

L’émotion consiste en plusieurs éléments, à la fois des comportements observables, et des changements physiologiques qui se produisent au niveau du système nerveux autonome. On parle ainsi d’activation et de lien avec la performance.

Cela permet de rendre compte que l’organisme ne fonctionne pas selon la même intensité. En sport, on parle de la loi Yerkes & Dobson (1908), « loi du U inversé », loi qui présente des relations entre activation, états psychologiques et performance. Il y a une relation entre activation et performance. Des travaux font apparaître l’idée d’une zone optimale dans laquelle les processus physiologiques sont en harmonie et fonctionnent de manière efficiente.

Ainsi, un certain niveau de stress et d’émotions serait facilitateur de la performance, puis passé un seuil, il deviendrait perturbateur en augmentant les tensions musculaires, en altérant la coordination neuromusculaire et en faisant varier les niveaux d’attention sélective et de concentration.

Modèle de zone optimale individuelle de fonctionnement

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HANIN (1980) propose une approche centrée sur l’individu par rapport à l’expérience subjective des athlètes. Chaque individu est caractérisé, sur une dimension particulière (l’anxiété par exemple), par une zone optimale de performance.

Selon lui, un affect peut être positif ou négatif (c’est à dire agréable ou non), selon qu’il est facilitant ou débilitant. Il a donc fait quatre catégories : FACILITANT (permet la performance) DEBILITANT (empêche la performance): – affects plaisants et facilitant (P+)/ – affects déplaisants et facilitant (N+)/ -affects plaisants et débilitants (P-)/ -affects déplaisants et débilitants (N-)

La zone optimale de performance est caractérisée par les affects facilitant (P+, N+) et en contraste, une zone non optimale est caractérisée par les affects débilitants (P- et N-).

Ces travaux montrent que les zones optimales varient vraiment d’un individu à un autre. Ils ont également montré que les athlètes obtenaient de meilleures performances lorsqu’ils ressentent des émotions situées dans leur zone optimale. Ainsi ces travaux sont intéressants, car il s’agirait de trouver quels sont les affects (plaisants ou non) qui vont faciliter la performance du sportif.

Conclusion

En conclusion, l’anxiété est un phénomène répandu dans le sport et doit être un sujet à aborder entre le sportif et son entraîneur.

Je développerais les stratégies d’adaptation face aux situations ainsi que les techniques de gestion du stress et de l’anxiété dans un prochain article.

En effet, comme on le peut voir sur cet article, la situation n’est bien souvent pas un danger en elle-même, c’est l’évaluation cognitive qui va faire la différence sur la réaction. Ainsi, en évaluant la situation comme positive, le sportif pourrait ainsi gérer mieux son anxiété et s’adapter de manière plus appropriée à la compétition.

 

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