La solitude du coureur de fond – Alan Sillitoe

La solitude du coureur de fond – Alan Sillitoe

solitude - copieDans la rubrique Littérature sur le sport, voici le très bon livre « la solitude du coureur de fond » écrit par Alan Sillitoe en 1959. Ce livre est en réalité une longue nouvelle donc un format assez court (71 pages)

C’est l’histoire de Colin Smith, adolescent un peu délinquant qui commet de temps en temps de petits délits, jusqu’à en faire un plus grand. Il est envoyé dans une maison de correction. Le directeur de la maison le repère et lui propose de courir pour la course des maisons de corrections du pays et gagner le « ruban bleu ». Colin accepte, s’entraîne tous les jours seul, dans les champs et se pose la question de rester dehors ou de rentrer dedans. Il décrit très bien ses courses, son désir de liberté, sa recherche d’identité à travers le jogging, seul espace de liberté qui lui est accordé. Il s’entraîne tout en sachant qu’il va mettre un point d’honneur à perdre la course, pour ne pas accepter l’ordre du directeur, le décevoir consciemment et ainsi l’humilier. C’est sa façon à lui de « prendre » la liberté qui lui a été donnée.

Cette longue nouvelle est décrite par le narrateur (Colin) qui transforme la course à pied en une métaphore de la vie et de la survie. On comprend l’importance de déroger à l’ordre, de ne pas se soumettre aux règles, construire son espace de liberté à travers la course.
On se demande jusqu’à au moment de la fameuse course s’il sera capable d’aller au bout, de la perdre ou s’il ne la gagnera pas quand même (il faudra lire le livre pour le savoir…). Colin nous montre comment la course peut devenir un exutoire, former une personnalité. Il nous montre la différence entre courir, sans but, sans repères et faire la course.

Le livre a été adapté pour la cinéma en 1962 par Tony Richardson, et l’on retrouve encore le DVD disponible

Extraits:

– Ca va, Smith? qu’il me demande
– Oui, monsieur
Il tire légèrement sur sa moustache grise:
– Et la course, ça se passe comment?
– Je me suis débrouillé pour faire le tour du terrain en petites foulées après le dîner pour garder la forme.
Ce salaud du gras-du-bide-aux-gros-yeux est content de cette réponse: – « Bien joué! Je suis sûr que tu vas nous l’avoir cette coupe, qu’il dit »

Et je murmure dans ma barbe en le maudissant: « Tu peux toujours aller te faire foutre ». Non. Je la leur gagnerai pas cette coupe, même si ce crétin qui se tiraille la moustache a mis tous ses espoirs en moi. « Parce que, bon dieu, qu’est-ce que ca veut dire pour lui? » Je me demande.
Trotte-trotte-trotte, clac-clac-clac, je saute le ruisseau et j’entre dans le bois où il fait presque nuit et où les brindilles gelées me piquent les jambes.
Moi, j’en ai vraiment rien à foutre, c’est pour lui que c’est important, aussi important que si je prenais le canard et que je plaçais mon fric sur un canasson que je connaissais pas, que j’avais jamais vu et que même si je l’avais vu, j’en avais rien à foutre. Et je vais la perdre cette course, parce que j’ai rien d’un cheval de course et je lui ferai savoir au moment où je serai près de sortir – si je fous pas le camp avant la course.

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