Entretien avec Dan Mc Laughlin, Golfeur

Entretien avec Dan Mc Laughlin, Golfeur

danmclaughlinAprès vous avoir présenté l’histoire de Dan Mc Laughlin, joueur débutant qui s’est fixé comme but d’être professionnel après 6 années d’entraînement, dans un article précédent « Faut-il du talent pour réussir? », je vous propose donc de lire les réponses aux questions que je lui ai envoyé par e-mail (et que j’ai donc traduit). Je remercie Dan d’avoir voulu y répondre et de nous éclairer quant aux aspects psychologiques de sa quête.

A ton avis, quelles sont les qualités mentales qu’ont les joueurs du PGA tour et penses-tu que tu possèdes ces qualités pour parvenir à jouer à ce niveau en compétition?

La plus grande qualité mentale qu’ont les joueurs du PGA tour est la capacité à rester dans le moment présent. Les joueurs qui restent dans le passé ou qui se demandent « et si j’avais fait ça » perdent leur concentration et ils n’arrivent plus à jouer à leur meilleur niveau sur le coup qu’ils ont à jouer au présent. Je suis dans un processus d’apprentissage sur comment arriver à cela (rester au présent) et je pense que l’idée de « pratique délibérée » permet d’apprendre ces qualités.

Quand on regarde de plus près les trajectoires des athlètes ou des experts qui ont réussi, on voit que l’erreur ou l’échec fait partie du projet et que beaucoup d’entre eux ont souvent connu des échecs avant de réussir. Je me demande si tu as déjà échoué des choses auparavant et ce que serait un « échec » pour toi dans ton projet?

Chaque jour du Dan Plan est à la fois une réussite et un échec. J’essaye toujours de repousser mes limites et d’accomplir des choses qui sont un peu au-delà de mes capacités. Bien souvent, j’échoue. Mais sur le long terme, j’apprends qu’en essayant à de nombreuses reprises, les échecs se transforment en réussite et c’est en nous poussant au-delà de nos limites qu’on arrive à évoluer.

Tu es focalisé sur tes 10 000 heures de pratique délibérée et je me demande quelle est la part de la qualité par rapport à la quantité?

C’est à la fois de la qualité et de la quantité. Par définition, la pratique délibérée signifie une pratique associée à une grande qualité. En faisant ces 10 000 heures de pratique de qualité, on peut devenir un expert dans n’importe quel domaine.

Qu’as-tu déjà appris de ces 4000 heures de pratique délibérée et quelles sont les difficultés auquelles tu as dû faire face (psychologiquement)?

Par rapport aux aspects psychologiques, l’aspect le plus difficile a été d’apprendre « l’acceptation ». C’est la capacité à être mentalement neutre quelque soit le résultat immédiat. Au début, je pouvais être frustré si je considérais avoir fait un bon coup mais qui finissait par donner un mauvais résultat. Mais après d’innombrables heures, j’ai appris qu’il fallait accepter les choses quelque soit le résultat et j’ai donc appris à tourner la page et à me concentrer sur les prochaines échéances.

Est-ce que tu as des doutes d’arriver à ton but? (car tu parles beaucoup de processus d’apprentissage mais en même temps il y a aussi une attente de résultats).

Je reste focalisé sur ce que j’ai à faire et je ne pense pas trop à l’avenir. Cela changera peut être quand je n’aurais peut être plus que 1 000 heures devant moi. Mais pour le moment, je me concentre uniquement sur le processus et j’apprécie aussi les résultats positifs que j’ai eu jusqu’à maintenant.

Tu as déclaré dans la presse que tu avais besoin d’un but qui soit suffisamment difficile pour que tu ne t’ennuies pas. Ne penses tu pas que d’avoir un but très difficile rend aussi difficile de garder cette motivation et te donne un sens à ta vie, et qu’après cette expérience, que se passera-t-il pour toi? 

Que se passe-t-il après ces 6 années? Je ne pense pas vraiment à cela. Je ne sais pas ce qu’il va se passer la semaine prochaine, ni même dans un an. Mon but est de changer mon backswing cette semaine et c’est la seule chose à laquelle je pense et ce dont je rêve actuellement! La seule façon de prédire le futur est de travailler dur aujourd’hui.

Quel est le rôle des autres dans ta vie et est-ce que tu reçois beaucoup de soutien pour ton projet?

Ma copine est vraiment géniale et me soutient beaucoup et sinon j’ai aussi des amis et ma famille qui sont incroyables avec moi. Dans mon entourage proche, personne n’est négatif et je ne leur laisse pas l’opportunité de l’être. Je suis plutôt indépendant, mais j’aime aussi passer du temps avec toutes ces personnes pour échanger des points de vue.

Est-ce que tu travailles ton mental et comment?

La manière dont je travaille le mental est d’être conscient de mes mauvaises habitudes. Si je sens que je m’enfonce après 3 putts par exemple, je me souviens de cette tendance que j’ai à être négatif et je travaille sur ces réactions lors du prochain entraînement. C’est la même chose pour tous les aspects de mon jeu. Je prends des notes de ce fais chaque jour, et cela reflète aussi mon état d’esprit et le soir je revois tout cela pour voir comment je peux m’améliorer.
  

 

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