Interview de Kirsty Jones, Championne du monde Wave Masters, Kite Surf

Publié par Sophie Huguet le

kirstyjones2J’ai rencontré Kirsty lors de la phase finale des championnats du Monde de Kite surf à Essaouira et je la remercie pour le temps qu’elle m’a accordé pour cet entretien. L’idée était de prendre connaissance avec le monde du kite et de parler des paramètres mentaux dans le sport et de connaître l’approche d’une kite surfeuse professionnelle. Kirsty a 31 ans et est championne du monde en kite surf Waves 2009.

Comment as-tu commencé le kite surf ?

Je faisais du windsurf en compétition avant et j’ai commencé le windsurf à 16 ans, puis le surf et ensuite tous les sports d’eau, mais j’y suis venu à partir du windsurf et du surf. J’ai commencé quand j’étais à Hawai pour la coupe du monde de windsurf, et j’ai essayé le kite un jour, et j’ai adoré ! C’était un mélange de surf, windsurf et parce que c’était un nouveau sport, l’équipement était plus léger et en même temps tu peux faire les mêmes figures de style, surfer la vague et c’est plus facile de voyager avec l’équipement.

Comment es-tu passé pro ?

J’ai réalisé que le sport progressait et je me suis dit « pourquoi ne pas commencer des compétitions de kite en même temps que le windsurf ? ». Quand je suis rentrée en Grande-Bretagne, j’ai commencé à faire les compétitions de kite et j’ai gagné après trois mois de compétition. A la fin de l’année, on m’a offert des sponsors en Grande-Bretagne. J’ai commencé les compétitions pour m’amuser, une école de kite et ensuite j’ai décidé de tenter les compétitions internationales. A ma première compétition internationale, j’ai réussi à être deuxième en freestyle et j’ai continué. Ensuite, il y a eu différentes épreuves, comme le freestyle, waves, course racing et je suis passionnée par les vagues. Donc j’ai commencé à faire les compétitions en waves et je suis devenue championne du monde. Cette année, je me bats pour garder mon titre.

Et qu’est-ce que tu aimes dans le kite ?

J’aime la liberté que l’on trouve. Ca te donne l’occasion de voyager dans de très beaux endroits, pas simplement pour les bonnes conditions de kite, mais aussi pour la culture, la mer. J’aime l’adrénaline aussi. Entre aller sur de grosses vagues, ou faire des sauts très hauts, il y a pas mal de diversité dans le kite. Tu peux aussi faire de la longue distance, des figures en freestyle, surfer les vagues et aussi enseigner le kite, c’est super de voir quelqu’un qui prend un kite pour la première fois, ça donne une sorte d’excitation.

Par rapport aux émotions, qu’est-ce que tu recherches dans la pratique du kite ?

Ce que j’aime, c’est vraiment de se sentir régénéré après une session. Quand tu as beaucoup de choses dans la tête, tu vas dans l’eau pendant 2-3 heures, et tu te sens complètement calme et plus clair après.

Mais maintenant, ce n’est plus un loisir pour toi, c’est un travail..

Oui. Si je fais des photos ou des compétitions, j’ai un état d’esprit complètement différent que si je vais faire de kite librement. Mais en tant que professionnel, tu as des émotions différentes, et si tu veux être bon en compétition, tu dois être compétitif et changer ton état d’esprit. Tu deviens plus égocentrique, un peu plus agressif sur l’eau et même parfois en dehors de l’eau. Pour gagner, tu dois avoir confiance en toi et tu penses que tu es meilleur que l’autre, ce qui ne me plait pas, alors c’est bien d’avoir un équilibre. C’est pour cela que j’aime avoir un équilibre entre la compétition et avoir une vie à l’extérieur. Je cours beaucoup, je fais du yoga, du surf et j’aime aussi être avec des amis. Je pense que c’est très important, parce qu’ils ne s’intéressent pas à la compétition. Mais quand tu es avec des gens qui sont compétitifs, en compétition, c’est comme si c’était la seule chose qui existait dans leur vie !

Est-ce que les émotions changent entre la compétition et l’entraînement ?

Oui. En compétition, tu veux marquer des points. Par exemple, tu as 20 minutes pour faire tes manœuvres et tu dois impressionner les juges. Si je fais du kite librement, je ferais la même chose mais pas en si peu de temps. Quand tu fais du kite librement, tu essayes des figures compliquées, même si tu tombes. En compétition, il faut faire attention, car si tu tombes, tu n’as pas de points. Tu dois te concentrer sur toi-même. Parfois, c’est difficile de ne pas regarder ce que l’autre fait. Et si tu vois quelque chose de super à côté de toi, tu deviens plus nerveux. Je pense que l’état d’esprit est important en compétition. Quelqu’un qui a une bonne approche mentale fera mieux que quelqu’un qui est meilleur techniquement.

Mais est-ce que tu aimes la compétition ?

J’adore les compétitions, mais il y a beaucoup de pression maintenant. Quand je me battais pour devenir numéro un, j’aimais ça. Maintenant, j’ai eu le titre mondial, et je peux seulement descendre ! Et là, je n’aime pas cette pression. Je deviens vraiment stressée, alors je dois faire attention à bien respirer et à me calmer. Ca se sent aussi dans ma course, si je suis stressée, je ne fais pas du kite surf aussi bien. Particulièrement pour l’épreuve de wave, car tu as besoin d’être relâché pour que ton corps bouge bien. Si ton esprit est tendu, ton corps se crispe. Et après tu n’ouvres pas assez ton corps pour faire les manœuvres assez librement. Tu as aussi plus de chance de tomber.

Est-ce que tu te prépares mentalement pour une compétition et comment ?

Oui. Le yoga m’aide le plus, et la respiration, et aussi des moments où je vais surfer avec des amis. Ca me calme vraiment. Ca me rappelle pourquoi j’ai commencé, parce que j’adore cela et que je suis passionnée des vagues et de la nature. Quand je voyage souvent, c’est difficile d’avoir une routine de yoga ou de méditation, parce que c’est mouvementé ! Ici, au Maroc, j’ai essayé de venir une semaine avant pour bien me calmer et faire mon yoga tous les jours.

Est-ce que tu te fixes des objectifs au début de l’année ?

Je n’aime pas tellement me fixer d’objectifs parce que je n’aime pas être déçue ! Je sais ce que je veux faire. Je veux gagner le titre mondial. Je veux être la meilleure en compétition. Je ne suis pas contente d’une deuxième ou troisième place ! Personne n’est content avec une deuxième place. On veut tous gagner et c’est ça l’objectif.

kirstyjonesEst-ce dans le kite au niveau professionnel, c’est possible de se lier d’amitié avec les autres filles?

Je m’entends très bien avec les autres filles. Mais quand il y a une compétition, il y a toujours un peu de tension. Quand il y a une fille très compétitive, ça me pousse à donner le meilleur de moi-même car je veux la battre. Si j’ai une amie, quelqu’un avec qui je m’entends bien et qu’elle est calme, je suis moins agressive. Maintenant, j’ai réalisé que c’était mieux de mettre un peu de distance, d’avoir mon temps à moi, d’être un peu avec les autres mais sans être trop proche, car nous sommes tous là pour la même raison. Je sais que mes amis sont en dehors du kite, et je préfère que cela soit comme ça.

Quelles sont les ressources mentales que tu dois avoir pour être un bon kite surfer ?

Tu as besoin de t’engager totalement dans ce que tu fais. Tu dois avoir une discipline pour pouvoir aller t’entraîner même s’il pleut, qu’il fait froid ou que tu as d’autres choses à faire. Tu dois aussi faire des sacrifices parfois. Comme cela dépend du temps, si tu fais des projets avec ta famille ou tes amis et qu’il y a de super conditions de vent, tu dois laisser tomber tout le monde et aller faire du kite ! Tu dois être rigoureux. Et tu dois adorer ça, avoir une passion pour ce que tu fais !

Et en compétition ?

Pareil, l’engagement. Être aussi un peu agressif. Être puissant. Être fort mentalement et physiquement.

Être fort mentalement, ça veut dire quoi pour toi ?

Ne pas penser aux conséquences. Être focalisé. Être assez fort… si tu rates une session, de rentrer sur la plage et de sourire quand même, d’être calme. Il faut être fort mentalement pour ça, pour ne pas trop réagir. Et si tu gagnes, de ne pas prendre la grosse tête ! J’essaye d’être la même mentalement que je gagne ou que je perde. Il faut t’entraîner mentalement à ne pas être affecté par les résultats. Je gagne pour mes sponsors, pour mon père aussi. Mais ça ne me rend pas plus heureuse si je suis championne du monde. Je m’en fous. Mais si je fais ça comme travail, je veux le faire le mieux possible, pour aussi apporter plus d’argent à mes sponsors.

Mais par rapport à toi, ce n’est pas important d’être championne du monde ?

Non. Honnêtement. Gagner une compétition, c’est seulement bien pour ton égo ! Si je suis deuxième et après je vais faire du kite librement avec des amis, que j’ai une séance extraordinaire, et aussi si j’enseigne à des enfants, ça me rend plus heureuse que de gagner. En fait, je n’aime pas trop quand les gens me disent « Bravo, tu as encore gagné ! ». Je ne me sens pas à l’aise, un peu embarrassée. Je ne sais pas pourquoi.

Tu pourrais te passer de faire des compétitions et le faire simplement pour ton plaisir ?

Je pense que tu progresses mentalement si tu perds. Si tu gagnes, tu progresses moins mentalement. J’en suis sûre. C’est ce que je pense. Si je ne réussis pas, je me concentre sur d’autres domaines dans mon sport et dans ma vie. Je deviens plus forte. J’apprends plus si je rate une compétition. J’ai plus d’inspiration après pour écrire, voyager ou faire du kite en longue distance pour des œuvres de charité. Je n’aurais jamais fait toutes ces choses si j’étais arrivée tout le temps première. Car quand tu gagnes, tu te reposes et tu penses « je suis la meilleure ». Si je réussis moins, je me bats plus dans plein de domaines dans ma vie.

Qu’est-ce que tes parents ont pensé quand tu as décidé d’être pro en kite ?

Je me souviens quand j’avais 17 ans et que tout le monde allait voir dans quelle université aller. J’ai dit à ma mère « Je ne veux pas aller à l’université, je veux avoir mes diplômes de windsurf et ensuite être professionnel en windsurf ». Et elle m’a répondu « Ecoute Kirsty, sois réaliste ! Tu ne vas pas gagner ta vie en étant professionnelle en windsurf ! » Et j’ai répondu « En fait, tu as raison ! ». C’est pour cela que j’ai travaillé pour des centres aquatiques, ou que j’ai fait des boulots qui me permettaient de continuer le windsurf et le surf. Et ensuite j’ai eu l’occasion de faire des compétitions et je n’aurais jamais pensé en vivre. Je n’ai jamais pensé que je serais numéro un mondiale ! Mes parents en sont très fiers, parce que je n’ai jamais pensé que je ferais tout cela !

Et tu parlais de ton père, qu’est-ce qu’il en a dit ?

C’est quelqu’un de très compétitif, car il faisait des compétitions en voile. Il a une personnalité très compétitive. Je sais qu’il serait déçu si j’étais deuxième. Je suis la seule enfant, et je veux qu’il soit toujours fier de moi. Avec les hommes, c’est différent car ils parlent de pleins de choses avec leurs copains. Il aime dire « elle a encore gagné ! ». Je ne sais pas pourquoi mais je ressens une pression de la part de mon père.

Il s’intéresse à tes résultats ?

Oui. Il s’intéresse à moi, mais quand je l’appelle, la première chose qu’il me demande, c’est « comment ça c’est passé ? ». Et je dis à ma mère « Pourquoi il ne me demande pas comment je vais ? »

Chez les sportifs, il y a toujours la question d’être aimé pour soi-même ou pour ce que l’on fait..

Oui. C’est la même chose dans les relations. Parfois je me demande si mon copain est avec moi pour le kite, le surf, les voyages, car c’est un style de vie sympa.  Tu penses que quelqu’un qui est le meilleur dans son sport et qui a un boulot de rêve se sent en sécurité. Parfois ça me déstabilise. Quand ton salaire dépend de ton image, de tes résultats, tu te sens moins sécurisé. Avec les marques aussi, tu deviens un produit. Tu t’inquiètes si tu commences à perdre tes cheveux, tu as un accident, car tu ne représentes plus rien. C’est fini. Tu sens ça un peu. C’est pour cela que je m’inspire des gens qui écrivent, des médecins par exemple qui ont des compétences qu’ils ne peuvent jamais perdre. Je sais que je ne vais pas perdre mes compétences en kite, mais je ne peux pas changer le monde avec le kite ! Si tu as d’autres compétences, tu peux vraiment aider les autres. C’est pour cela que je veux utiliser mon titre pour peut être aider les autres.

Par rapport au kite, penses-tu que c’est un sport dangereux, voire extrême ?

Oui. Si tu arrives dans le haut niveau, il y a des dangers. Je veux essayer de surfer des vagues de plus en plus grosses par exemple, et il y a une prise de risque plus importante.

Est-ce que tu y penses, aux risques ?

Ca dépend du temps. Si les conditions sont dangereuses, tu y penses. Mais quand tu es sur la vague, tu n’y penses pas. Tu le fais ! En compétition, je n’y pense même pas. Pour moi, j’y vais à 100% même s’il y a des vagues énormes. Je pense que dans la vie, tu veux te prouver quelque chose. La plupart du temps, dans les compétitions, les conditions ne sont pas bonnes. Mais si on me donne des bonnes conditions, je voudrais me pousser pour atteindre le niveau des hommes. Si j’avais de grosses vagues, je pourrais montrer que je peux être dans le top 5 chez les hommes. Parfois, je veux qu’il y ait de grosses vagues, pour élever le niveau chez les femmes. Parfois j’entends les juges dire que le niveau n’est pas très bon chez les filles.. Peut-être qu’elles ont plus peur. Mais je veux montrer que les femmes peuvent surfer dans les mêmes conditions que les hommes.

Tu as déjà surfé sur de grosses vagues ?

Bien sûr.

Est-ce que tu aimes cela ?

Non. Parce qu’avec le kite, ça peut aller une seconde et puis quelque chose arrive et tu te retrouves dans le pétrin ! Par exemple, s’il y a de grosses vagues, tu peux passer au-dessus, attendre qu’elle soit plate et passer à travers.  Mais si tu échoues, ton kite rentre dans l’eau et tu te retrouves vite en danger. Si ça arrivait, ça me ferait vraiment peur.

Est-ce que tu as déjà été en danger ?

Oui. J’ai coulé deux fois. Par exemple, en surf, tu as juste la planche et parfois tu te retrouves sous l’eau 6 à 10 secondes, si tu as de grosses vagues. Ça ne dure pas. Mais si tu as un kite, tu rentres dans l’eau et le kite t’emmène plus bas car tu es attaché. Le kite devient comme une enclume, qui est poussée par la vague, et le kite t’embarque avec lui sous l’eau. Cela fait peur et c’est dangereux. J’ai failli couler, mais heureusement ma barre s’est cassée et je suis sortie de l’eau. Tu peux avoir aussi les lignes qui s’enroulent autour de tes pieds, comme si tu étais attaché dans l’eau. On n’entend pas souvent ce genre de choses, mais ça peut arriver. C’est pour cela qu’on a un couteau, mais même si tu te retrouves coincé, tu n’as pas toujours le temps d’utiliser le couteau. Tu as aussi les rochers, les bonnes vagues qui cassent sur les roches, et si le kite t’emmène sur les roches, tu te retrouves coincé aussi.

Il y a des gens qui pratiquent des sports extrêmes pour le danger, l’adrénaline que tu ressens…

Oui, mais je pense que c’est jouer avec ses limites.

Et tu connais tes limites ?

Oui. Je pense. Si le vent est fort, c’est meilleur car tu peux t’échapper des vagues plus facilement. Mais s’il y a peu de vent, et de grosses vagues, c’est plus dangereux si le kite tombe. Alors je connais mes limites.

Et tu ne cherches pas à aller plus loin que tes limites ?

Non. Par exemple, en saut à l’élastique ou en descente en cyclocross, ils ont plus de chance ou en faisant du cheval, c’est plus dangereux que le kite. C’est simplement les débutants qui ne savent pas ce qu’ils font ou qui n’ont pas eu d’enseignement qui ont des accidents. Il y a très peu d’accidents grave ou mortel chez les pros. La plupart du temps, ce sont des blessures (bras, cheville cassée, genou, épaules).

Animal-card-6Tu penses parfois aux blessures, même aux plus graves ?

Oui. C’est pour cela que je fais moins de freestyle. En freestyle, on se blesse plus. La plupart des compétiteurs ont des blessures et sont parfois bloqués pendant 3 ou 4 mois. Si je ne peux pas pratiquer pendant 3 mois, je peux perdre les sponsors. Je préférerais couler que d’être blessée ! Je veux encore faire du yoga, du surf et courir toute ma vie. Avec un problème de genou, tu ne peux plus. Je préfère couler complètement ou survivre !

Justement, ton corps, c’est important, avec les sponsors, comment tu le perçois ?

Je fais parfois des photos pour mes sponsors. Je ne suis pas mannequin, je suis une sportive professionnelle, et parfois quand je pars faire des photos avec des mannequins, je voudrais ressemblais plus à elles. Mais j’ai un corps de sportive, je me sens moins à l’aise. Elles veulent mon corps et j’aimerais avoir un corps comme elles ! Parfois, je n’aime pas tellement avoir un corps musclé, je veux être féminine. On veut toujours avoir ce qu’on a pas ! Mais si je fais du kite, si je fais une bonne séance en kite ou en surf, j’adore mon corps parce qu’il me permet de faire ce que je veux. Je ne voudrais pas le changer. Le sport, c’est important pour l’image corporelle. Si je ne fais pas de sport, pendant une semaine par exemple, je commence à me sentir moins bien. Le yoga m’a aidé à me sentir mieux avec mon corps et mon image. Je fais aussi très attention à ce que je mange et je prends soin de mon corps.

Est-ce qu’il t’arrive parfois de ressentir un vide, comme une sorte déprime après avoir fait des compétitions, où la pression descend ?

Si je gagne, je suis contente de mes résultats et je me sens soulagée et j’oublie les compétitions. Je fais autre chose. Si je ne réussis pas, j’ai une sorte de déprime, ou alors je suis motivée pour faire autre chose. Si j’éprouve ce genre de choses, j’ai d’autres aspirations pour faire par exemple une longue distance en kite pour une œuvre de charité, écrire pour un magazine, ça dépend de mon état d’esprit à ce moment-là. Si je ne vais pas dans l’eau pendant plus de deux semaines, je me sens bizarre. C’est comme si je n’étais pas éveillée. Si je vais dans l’eau tous les jours, alors je me sens vivante et lucide. Si tu ne vas à l’eau, tu deviens frustré, plus énervé par de petites choses, ça te soulage d’aller dans l’eau.

Tu penses que tu en as besoin, c’est comme une sorte de dépendance ?

Je pense que c’est plus être dans l’eau et dans la nature. Par exemple, si je ne fais pas du kite, je vais nager tous les jours, ou je fais quelque chose avec l’eau, même si c’est juste flotter, nager dans les vagues, faire ce que j’aime. Ce qui me manquerait, si je ne pouvais pas faire du kite, ça serait la liberté et l’adrénaline de pouvoir aller loin sur la mer ou de surfer des vagues.

On fait parfois le lien entre sport extrême et la dépendance…

Je pense qu’il y a un lien entre les sports extrêmes et la dépendance à l’adrénaline. En quelque sorte, on est tous un peu dépendants. Je pense qu’il y a beaucoup de surfeurs ou de kite surfeurs qui ont une personnalité dépendante. C’est pour cela que certains font du sport, ou qu’ils boivent ou qu’ils sont dépendants à autre chose. Moi, je n’ai pas ce genre de personnalité et je n’arrive pas à comprendre les gens qui sont dépendants à n’importe quoi.

Est-ce qu’il t’arrive de penser à l’après-kite ?

Je pense que j’ai envie d’évoluer maintenant et d’utiliser ce que j’ai appris en tant que pro pour aider les autres à aimer ce sport. J’aimerais aider aussi à prendre soin de la mer. Ça m’a donné tant de plaisir et maintenant j’ai envie de rendre quelque chose même si c’est en faisant de petites choses.

Mais à l’après-kite, ne plus être pro ?

Parfois je suis en panique ! je me dis « je ne vais pas continuer.. et si je ne fais pas de compétitions l’année prochaine, ça va peut être me manquer ! ». La compétition et l’adrénaline vont me manquer et peut être que je chercherais l’adrénaline ailleurs. Sans ça, j’aurais besoin de prendre mon adrénaline dans autre chose, c’est pour cela que j’ai pensé aller surfer des énormes vagues, faire des vidéos, des déplacements aux endroits où il y a de grosses vagues. Et pour m’équilibrer, je veux enseigner le yoga, le surf et le kite. Je pense au futur. Mais pas trop, parce que les choses changent dans la vie, et je n’aime pas faire de plans, mais je me prépare.

Et tu te vois vieillir ? Faire autre chose ?

Je pense que je serais toujours impliquée dans le kite d’une manière ou d’une autre, le promouvoir, l’enseigner, mais aussi être impliquée dans l’environnement, ou les médecines alternatives comme le yoga, les médecines naturelles.

Parce que ton image est importante, penser au vieillissement, tu le vis comment ?

Je déteste vieillir ! Mais je pense que dans certains sports comme surfer de grosses vagues, ça aide d’être plus âgé, car tu as plus d’expérience. Les meilleurs sont dans leur quarantaine. Ça m’inquiète un peu, mais je pense aussi que j’aurais plus d’expérience, et je pense que les plus belles personnes sont dans leur quarantaine !

Est-ce tu as déjà été tenté de voir un psy ou tu t’intéresses à la psychologie ?

Non. Le kite est un sport trop récent pour avoir besoin d’un psy. Dans d’autres sports, il y a peut-être des psychologues du sport qui peuvent t’aider. Mais là c’est trop récent.

Mais ça ne dépend pas du sport, mais plutôt de tes besoins en tant que personne..

Maintenant, je pense que c’est peut-être une bonne idée ! Mais avec le yoga, la méditation et la respiration, je sais dans quel état d’esprit j’ai envie d’être, et je peux l’atteindre avec ces méthodes. Je préfère essayer avec cela, parce que je pense que tout ce dont tu as besoin, c’est à l’intérieur de toi. En étant calme, et en t’entraînant, tu peux progresser. Si j’avais un problème d’ordre psychologique, j’irais voir un psy. Je sais ce qu’il me faut pour gagner, je dois m’entraîner dans l’eau. Parce que je pense que je suis bonne mentalement. Si je suis stressée, c’est parce que je me suis pas assez entraîné dans l’eau. Ce n’est pas comme dans d’autres sports, où tu peux t’entraîner dur tous les jours. Tu ne peux pas t’entraîner dur au kite, si tu n’as pas les meilleures conditions. Parfois il n’y a pas de vent ou de vagues pendant des semaines, et tu sais que l’autre fille s’entraîne ailleurs où il y a des conditions idéales ! c’est vraiment différent dans l’approche mentale de ce sport, qui dépend des conditions météorologiques.

C’est pour cela qu’il y a aussi des frustrations parce que j’aimerais m’entraîner dur tous les jours, mais ce n’est pas possible à cause des conditions météo !

Pour connaître sa biographie complète, ses résultats, visitez son site: http://www.kirstyjones.com/


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