Préparation mentale ou préparation psychologique: Comment se repérer? 2. Différencier les outils

Publié par Sophie Huguet le

Tennis - Australian Open 2004 - Fourth RoundDifférencier les outils

La préparation mentale repose sur des techniques mentales, donc des outils standardisés et des techniques que l’on peut transmettre. Ces techniques se regroupent en plusieurs catégories et a des buts distincts :

  • les techniques à bases cognitives (restructuration cognitive, modifications des pensées négatives/positives, contrôle de la pensée)
  • les techniques de concentration (concentration, visualisation, imagerie mentale)
  • Les techniques de relaxation (relaxation training autogène, Jacobson, sophrologie)
  • Les techniques de fixation de but (travail sur des objectifs à court, moyen, long terme)

Il s’agit donc d’apprendre ses techniques et ensuite de les utiliser dans la pratique quotidienne et lors des compétitions.
Par exemple, on peut effectuer une séance d’imagerie mentale, avec un skieur ou un footballeur qui ont tous les deux un problème de confiance en eux, et qui n’ont pourtant pas la même histoire.

Par contre, la préparation psychologique ne propose pas d’outil standardisé (il est cependant possible que le psychologue, en fonction de sa pratique, ait recours à des questionnaires de personnalité, anxiété, motivation etc), car il s’agit de prendre le sportif avec son histoire particulière. En fonction de cela, la préparation psychologique repose essentiellement sur la relation entre le psychologue et le sportif, de la confiance mutuelle qui permet au sportif de se libérer du poids des évènements, problèmes. Chaque sportif peut avoir recours à la préparation psychologique à un moment donné de sa carrière, que ce soit pendant la carrière, notamment lors des phases de blessures, des contre-performances, des remises en question sur sa vie, ou à l’arrêt de la carrière sportive, qui constitue un tournant pour le sportif.
La préparation psychologique a pour but de permettre l’équilibre psychique du sportif dans sa vie privée et sportive. Elle vise un bien-être direct qui permet au sportif de s’investir dans la compétition et de se sentir au mieux.

Panorama des méthodes

Il est compliqué de mettre une frontière claire entre la préparation mentale et psychologue, tant cela est dépendant de la personne qui le pratique. Ceci est donc une approche plutôt générale des méthodes disponibles.

  • METHODES COGNITIVO-COMPORTEMENTALES

Ces méthodes se proposent d’agir sur le cognitif (mental, processus de pensée) et sur le comportement. On peut regrouper ici la PNL (préparation neurolinguistique). La préparation neurolinguistique est une méthode fondée dans les années 70 et a été utilisée principalement dans le monde de l’entreprise et est maintenant développée dans le management.
John Grinder, l’un de ses fondateurs, l’a conçu comme « une modélisation de l’excellence » et lui a donné pour objectif de : – travailler sur les points faibles, les difficultés par rapport à une norme. (Références : Guy Missoum. La PNL appliquée au sport).
Dans la pratique, on demande au sportif de repérer pourquoi il ne réussit pas, d’après le modèle des champions ou d’après les actions qu’il réussit sans problèmes. Cette méthode repose sur un système de croyances, où le sportif est amené à changer sa manière de penser et de se comporter (changer son mode de fonctionnement), par l’intermédiaire de visualisation. L’idée de la PNL est que « chacun possède toutes les ressources nécessaires à son développement ».
On parle ainsi de méthode « positive » car elle se focalise sur l’action, et programme le sportif à être conditionné pour réussir à évacuer ses comportements d’échec.
La PNL est également très utilisée pour améliorer la communication entre l’entraîneur et le sportif, en communiquant en fonction du canal préféré. Elle suppose que chaque individu a des canaux privilégiés de communication, résumé sous le terme VAKOG (AUDITIF, KINESTHESIQUE, OLFACTIF, GUSTATIF).
En pratique les séances de PNL peuvent se réaliser seul avec le praticien ou en groupe pour les sports d’équipe.

La limite de cette approche est de se focaliser uniquement sur le positif. En transformant un état négatif en positif, on n’essaye pas de comprendre le problème en profondeur et le résoudre durablement.

  • METHODES COGNITIVES

Les méthodes cognitives font appel au processus mental et permettent de travailler sur des points spécifiques (par ex : un départ de course, une foulée correcte, un service) et sont utilisées dans les situations d’apprentissage.
Il y a plusieurs types de techniques, que je développerais dans un post ultérieur. Par exemple, on parle de visualisation, d’imagerie mentale. C’est-à-dire que le sportif visualise un mouvement et ensuite prend conscience de ses sensations.
Cette technique permet d’enregistrer un schéma technique, et ainsi par effet indirect, permet d’apporter une confiance et de réduire son stress.
Si l’on prend l’exemple d’un gymnaste qui a des difficultés à réaliser son enchaînement complet sur la poutre sans tomber. Il vient d’intégrer un élément nouveau auquel il pense, a peur de tomber et de ne pas maîtriser cette nouveauté technique. Il ne tombera probablement pas par rapport à cet élément nouveau, mais plutôt dans l’élément précédant le nouveau, car il anticipe sur l’action redoutée.
Après quelques séances de visualisation, le gymnaste peut visualiser ses éléments difficiles, en allant au ralenti, puis en respectant le timing réel et apprend à se focaliser sur des sensations et à maîtriser sa peur.
La vidéo est utilisée souvent pour filmer les entraînements et les compétitions et aide le travail de visualisation et de prise de conscience.
Cette approche peut se révéler intéressante dans l’apprentissage d’une technique, dans la maîtrise de ses émotions pendant une compétition, mais occulte complètement l’histoire personnelle du sportif, qui explique parfois pourquoi il réagit à une situation en fonction d’évènements personnels précédents.

  • METHODES COMPORTEMENTALES

Les méthodes comportements sont également regroupées dans la préparation mentale. Elles visent à modifier le comportement négatif. Elle demande au sportif de modifier ses comportements. On va parler alors de « routine », « d’automatisation » de certains éléments. Par exemple, un athlète qui a des problèmes de concentration, va apprendre à mieux gérer son temps avant une compétition et se concentrer uniquement sur ses actions en créant des routines.

  • METHODES PSYCHO-CORPORELLES

Ce sont des méthodes principalement utilisées par rapport au stress et qui font donc partie d’une préparation mentale ou également psychologique, quand le stress est allié à une représentation corporelle.
Dans ces méthodes, on inclut la Sophrologie, qui a été crée par Caycedo, en 1960. La préparation est basée sous forme d’exercices ; qui vont permettre de connaître son corps et de déceler et d’évacuer les moindres tensions.
La méthode est basée sur la respiration abdominale : la personne se détend et par l’intermédiaire de mouvements de référence, elle prend conscience de ses sensations et de son schéma corporel, de l’image qu’elle a d’elle.
L’hypothèse de cette méthode est que la réussite est la conséquence d’une harmonie psycho-corporelle et d’une élimination autonome des tensions résiduelles du stress.
Dans ces méthodes, on parle également d’hypnose qui fonctionne grâce à une connaissance de soi et une prise de conscience de ses propres capacités.
Dans ces méthodes psychocorporelles se regroupent également toutes les formes de relaxation (Jacobson, auto training etc).
Ces méthodes peuvent être efficaces pour se préparer à une compétition et gérer son stress efficacement.

  • PREPARATION PSYCHOLOGIQUE

Dans la préparation psychologique, on utilise des méthodes qui privilégient l’équilibre affectif du sportif. On part du principe que « celui qui est bien dans sa tête est bien dans son corps ». En fonction de la formation du psychologue, les séances peuvent prendre des formes différentes. L’entretien, dans une pratique clinique, constitue la première modalité d’intervention car il permet au sportif de se livrer, de se délivrer d’un poids ou de soucis qui peuvent entacher son investissement sportif. C’est la relation entre le psychologue et le sportif qui est au cœur de la pratique clinique, établissant un rapport de confiance et de confidentialité.
La formulation des sensations permettra au sportif de prendre conscience de l’importance pour lui des sensations diverses durant sa pratique sportive : de les rechercher d’abord, puis de les vivre tout simplement, sans réfléchir, sans penser en compétition.
Dans ces méthodes, on va inclure la formulation d’objectifs, à court terme ou à long terme et une occasion de reformuler ceux-ci.
Le simple fait de verbaliser, de mettre des mots sur des choses permettent de dénouer des conflits et aussi comprendre ses craintes.

La première séance débute avec un entretien approfondi sur le sportif. Il s’agit d’évoquer sa participation sportive et les raisons de la consultation. Par la suite, il faut évoquer également l’histoire du sportif au sein de sa cellule familiale, privée et éducative. Le premier entretien sert aussi tout simplement d’une présentation du sportif et d’une entrée en matière dans la relation.
Il s’agit aussi pour le psychologue lors de ce premier entretien, de pouvoir intervenir et préciser son action et les possibilités qui sont offertes au sportif afin de décider des modalités d’intervention.
De la confidentialité : Etant donné que le sportif soumet au psychologue des informations personnelles, il veut être rassuré qu’il ne les divulgue pas. Le psychologue est en effet soumis à l’obligation de confidentialité. Cependant, dans le milieu sportif, il y a également la présence de l’entraîneur qui veut parfois avoir des informations pour mieux entraîner son sportif. Si les informations semblent importantes pour l’entraînement, le psychologue peut proposer au sportif, avec son accord, d’en discuter auprès de l’entraîneur. Dans ce cas, il s’agit d’un accord total et conscient du sportif qui n’arriverait par lui-même à discuter avec son entraîneur.
Toutefois une autre solution peut être d’inciter le sportif à en discuter avec l’entraîneur en s’assurant de l’écoute attentive de l’entraîneur. Le psychologue pourrait agir dans un deuxième temps si l’entraîneur n’a pas voulu entendre les maux du sportif.

Lire l’article précédent. 1. Définitions  la suite 3. Du côté pratique


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