Interview Claude Onesta : « La victoire génère un état qui n’est pas propice au travail »

Interview Claude Onesta : « La victoire génère un état qui n’est pas propice au travail »

France/Russie - Tournoi de Paris - Ile deFranceVoila une réédition de l’interview que nous avions publié sur Welovetennis et dans Grand Chelem il y a plus d’un an. Elle est d’autant plus d’actualité aujourd’hui avec la venue de Claude Onesta à Saint Cyprien au chevet de l’Equipe de France

C’est le seul coach français d’un sport collectif auteur d’un doublé unique Champion du monde-Champion olympique, mais pour l’éducateur Claude Onesta, rien ne vaut le mail de remerciement d’un directeur d’hôtel de Pau louant la gentillesse de ses joueurs lors de leur récent séjour. Rencontre avec un homme exceptionnel de simplicité au Concorde Montparnasse dans le carré où l’encadrement de l’équipe de France de handball prépare ses matches. Deux heures à parler du sport, du vrai, des valeurs qu’il doit véhiculer. Et pour finir une anecdote médaille d’or sur Rafael Nadal. 

Claude, est-ce que nous pouvons tous être coach ? 
Non, je ne crois pas. Le monde est constitué de différents types d’individus. Je crois qu’il y a des gens qui ne revendiquent que de suivre la ligne tracée par d’autres, et il y en a qui ont plutôt tendance à les tracer eux-mêmes. Etre coach c’est être un leader dans son fonctionnement, quelqu’un dans l’anticipation, capable de trouver des solutions là où d’autres vont juste tenter d’appliquer de solutions déjà connues. 

Avez-vous senti très tôt que vous étiez un coach né ? 
Oui, je crois. Tout de suite j’ai imaginé que l’entraînement était quelque chose qui m’irait bien. Même jeune joueur, je me suis tout de suite préoccupé des aspects tactiques, du management des hommes. Après j’ai fait des études d’éducateur sportif donc j’étais déjà dans la méthodologie et l’apprentissage. Je me suis toujours senti construit pour ça, encore plus parce que je faisais un sport collectif, qu’il faut gérer un groupe, à la différence d’un sport individuel comme le tennis. 

Mais quand vous regardez du tennis, est-ce que vous décryptez aussi les situations ? 
Oui, mais l’affaire du coach change en terme de critères. Il n’y a plus la dimension de gestion d’un collectif. Si je m’occupe de Nadal, je ne vais me préoccuper que de Nadal, de son environnement, de sa technique de jeu, de son approche mentale, et avec tous ces éléments, on va driver pour qu’il soit toujours dans les meilleures conditions. Quand on est coach d’une équipe de hand-ball, s’y ajoutent toutes les interrelations humaines d’ego, de pression, de pouvoir. Vous avez quinze gars différents, il faut être très éveillé et vigilant pour que ça ne vous échappe pas et comprendre que ces quinze gars vont avoir une performance individuelle qui va rentrer en compte dans la performance du groupe. 

Est-ce que le métier de coach a changé depuis vos débuts ? 
Oui, il a vraiment changé. Ca fait plus de 20 ans que je suis un professionnel de l’activité. Au début j’étais un véritable entraîneur, parce que j’entraînais deux fois par jour avec une équipe de club. J’étais l’homme à tout faire, à la fois préparateur physique, préparateur mental, dirigeant, responsable des maillots, des déplacements. Aujourd’hui ma mission a évolué, je suis plutôt un manager en interventions variées et j’essaye de trouver une cohérence à l’addition de ces interventions. 

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Lien pour l’article original « We love tennis »

 

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