Aspects psychologiques des blessures du sportif

Le sportif pense souvent que soigner une douleur, réparer un os cassé ou passer du temps chez le kinésithérapeute permet de retrouver la compétition dès que le corps semble être réparé. Mais la blessure ne se limite pas au corporel, elle peut parfois être psychologique, voire psychosomatique.

Les médecins, kinés et entraîneurs sont appelés à résoudre la question de la guérison, du traitement, mais ils n’associent pas toujours le psychologue. Pourtant, l’un des aspects primordiaux qui permettront à l’athlète de se remettre d’une blessure passe par une compréhension des aspects psychologiques liés aux blessures pour aborder la question dans sa globalité.

Il est évident qu’il existe plusieurs types de blessures, et selon la sévérité, on observera soit des manifestations : – physiques (douleurs, handicap passager) ; émotionnelles (peur, anxiété, dépression) ; – sociales (séparation avec les autres, dépendance) ; d’image de soi déformée ; et même dans certains cas une perte d’identité.

Dans les cas les plus sérieux, on observe une dépression, liée notamment à l’incertitude de revenir à son meilleur niveau. (Je parlerais dans un autre article des athlètes confrontés à des blessures qui mettent un terme à leur carrière).

Ainsi, pour soigner une blessure, il faut s’intéresser aux antécédents voire prédispositions et aux répercussions psychologiques que cela engendre chez le sportif.

Causes et prédispositions aux blessures

Nul doute qu’il existe des sportifs plus en proie aux blessures que d’autres, car certains paramètres entrent en ligne de compte et expliquent comment un sportif se blesse plus souvent consciemment ou inconsciemment.

Afin de repérer les éventuelles prédispositions d’un sportif aux blessures, il est nécessaire de faire le point sur chaque blessure précédente: s’intéresser à la chronicité, à la peur éventuelle de se re-blesser, ou au fait que le retour s’est fait trop rapidement.

La première cause de prédisposition est nul doute l’athlète sujet au stress. Le stress a un lien avec la probabilité de blessures en tant que distraction (réduit la vision périphérique) et surtout cause de tension musculaire  (réponse somatique) qui se solde par une inefficacité dans les gestes, manque de fluidité-coordination-souplesse : le corps se contracte et la blessure intervient. D’autre part, les distractions internes (pensées négatives) peuvent également être source d’erreur, d’oubli d’un élément de routine qui amènent à une blessure provoquée par cette inattention.

Ainsi, des conflits psychiques peuvent se créer et induire du stress si le sportif ressent trop de pressions diverses. Dans ce répertoire, il fait la liste d’un certain nombre de cause de blessures.

Tout d’abord, le sportif peut se blesser en réaction contre-phobique, c’est-à-dire que le sport et la compétition induisent trop d’anxiété, et ainsi la blessure vient neutraliser ses angoisses en y faisant face. Parfois, cela a un lien avec la masculinité. Dans certains sports (rugby, haltérophilie), le sportif prend des risques ou se surentraîne pour montrer son courage et sa virilité aux autres.

Plus fréquemment, on observe des cas de blessures comme arme ou mensonge : afin de résister à une domination de l’environnement (pression des parents), le sportif se blesse pour ne pas aller à une compétition, et ainsi apporter quelques frustrations à l’environnement qui impose ses désirs.

Dans ma pratique, j’ai pu rencontrer de nombreux cas de sportifs chez qui la blessure était une bénédiction, pour ne pas aller à l’entraînement et affronter les objectifs pressentis par l’entraîneur. Il en résulte souvent qu’une mauvaise communication est à l’origine de ce conflit entre l’entraîneur qui veut réussir plus que le sportif. 

La blessure apparaît un moyen de s’évader, quand le sportif manque de confiance en lui, et lui permet de sortir d’une situation sans perdre l’estime de soi.

Enfin, il existe également des blessures de type psychosomatique, qui se révèlent dans la chronicité (nombreuses répétitions) et sans fondement physiologique.

Quelles que soient les causes des blessures, il arrive que des blessures arrivent à un moment précis dans la vie du sportif.

On constate souvent que certains se blessent avant de grands rendez-vous compétitifs. Ceci révèle peut-être une peur du succès ou de l’échec ; pour un sportif qui gagne de petites compétitions mais jamais de grandes où il pourrait prouver sa propre valeur.

La réaction aux blessures dépendra donc des facteurs personnels (personnalité, historique des blessures) et de la situation (sévérité de la blessure).

Le sportif prendra en compte tous les paramètres pour réagir émotionnellement et faire face à la rééducation.

Ceux qui estiment avoir une difficulté à gérer la blessure vont souffrir plus souvent des perturbations émotionnelles.