Le boom de la psychologie du sport aux USA

Publié par Sophie Huguet le

Je lis beaucoup d’articles sur ce qui se passe dans d’autres pays concernant l’évolution de la psychologie dans le sport. Ayant travaillé en Grande-Bretagne, ce n’est pas une révélation que d’admettre que les anglo-saxons sont bien plus en avance que nous sur la psychologie du sport et la préparation mentale. Alors j’avais envie de partager une lecture que je viens de faire dans le Monitor of Psychology de l’Association Américaine de psychologie (A.P.A) qui relate l’importance qu’a pris le psychologue du sport dans le paysage US. Un constat qui fait (un peu) rêver!

Dépasser le tabou du psychologue dans le sport

L’A.P.A fait référence au tabou qui a existé longtemps dans le milieu sportif de faire appel à un psychologue. Celui-ci a été dépassé puisqu’aujourd’hui, le psychologue du sport est reconnu comme un atout non négligeable non seulement en vue d’amélioration des performances mais aussi en lien avec la santé mentale. Là-bas aussi, ils distinguent le statut de préparateur mental et celui de psychologue du sport. 

La prise de conscience d’un intérêt du psychologue du sport, s’est faite notamment grâce à des athlètes professionnels qui ont évoqué publiquement leurs difficultés à faire face à la pression ou à parler de leurs états dépressifs. Michaels Phelps, icône absolue du sport US s’est épanché sur ses états d’âmes et a montré la voie à d’autres sportifs pour admettre que malgré ses exploits, il restait cependant un être humain.

Le deuxième contexte est lié aussi à de nombreux scandales (dopage, débordements divers) et plus récemment celui de la gymnastique qui a été confronté à un procès retentissant de son médecin accusé d’abus sexuels sur 150 victimes et qui a plongé la fédération dans un désarroi total car sa responsabilité a été mis en cause. 

Le sport US s’est réveillé avec ces problématiques et a décidé d’évoluer vers un accompagnement psychologique, sous-tendu par les fédérations et les clubs. Dans le Baseball professionnels, 27 clubs sur 30 font maintenant appels à un psychologue du sport. A la Fédération de Basket, un programme de bien-être et de santé mentale est dirigé par un psychologue. La Fédération d’athlétisme est en train de suivre ce mouvement. Pour revenir à un contexte français, où en est-on par rapport à ces politiques liées à un accompagnement? 

Un psychologue du sport utile ailleurs

Non seulement le psychologue fait une percée dans le milieu du sport, mais l’A.P.A reconnaît qu’il est de plus en plus demandé dans d’autres domaines qui font face à une pression importante, comme dans le domaine médical, pompiers ou artistes. L’Armée est celle qui emploie le plus de psychologues du sport pour accompagner les soldats à faire face aux combats et à gérer des situations extrêmement stressantes.

Il fait également son apparition dans le sport amateur, où de plus en plus de clubs et  individuels font appel à ses services en vue d’améliorer les performances (marathon, course etc..)

Le changement de mentalité

Ce qui a permis de se remettre en question et de dépasser le tabou initial de faire appel à un spécialiste a été sans aucun doute le rôle des athlètes professionnels, qui ont compris avant tout le monde l’intérêt dans tel accompagnement. Et que le rôle du psychologue du sport ne s’adresse pas qu’à la santé mentale du sportif mais aussi à lui permettre d’affronter les compétitions et de renforcer ses qualités mentales.

Pour finir, il aura probablement fallu aux Etats-Unis de considérer le sportif, comme un être humain dans un contexte spécifique, soumis à des pressions internes et externes et non plus comme une machine à gagner sans états d’âmes. Il aura fallu attendre que de nombreux scandales arrivent pour se dire que le milieu sportif n’est pas épargné de toutes les problématiques que l’on retrouve ailleurs.

Alors, qu’est-ce qui freine encore le sport français pour s’attaquer à cette dimension si importance et pourtant si négligée?

Pour lire l’article dans sa version originale: A growing demand for Sports Psychologists

 

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