Entretien avec Ronan Lafaix, auteur de « Tennis, un nouveau coaching pour gagner »

Publié par Sophie Huguet le

ronanlafaixtennisunnouveaucoachingpourgagnerRencontre avec Ronan Lafaix, auteur de son deuxième livre « Tennis, un nouveau coaching pour gagner ». J’avais déjà présenté son premier livre Soyez P.R.O dans un article précédent, et pour son nouveau livre, j’avais envie de lui poser des questions pour comprendre mieux la philosophie de son livre et d’évoquer avec lui les questionnements qui ont jailli à la suite de la lecture de son livre. 

Qu’est-ce que le tennis représentait pour toi plus jeune, quel impact a-t-il eu sur son développement personnel et comment est née cette passion finalement?  

Rien! Mes parents m’avaient mis au tennis vers 12 ans mais j’y allais plus pour rigoler qu’autre chose. Je ne faisais pas de compétition, juste en loisir. Pour ce qui est de l’impact que le tennis a eu sur mon développement personnel, je dirais que le fait de commencer la compétition m’a permis de grandir. Je ne te cache pas que cela a été difficile au début car je ne voulais pas voir la réalité en face. Je trouvais donc toujours des excuses. Comment est née la passion? C’est une très bonne question. Quelle passion? En fait, je me demande encore aujourd’hui! La passion de quoi? J’ai en fait l’impression d’être comme un aventurier, il va se mesurer à la nature pour grandir et trouver des réponses au fond de lui. J’ai l’impression que pour moi, c’est la même chose, le tennis a été un moyen pour mieux me comprendre. Certes, j’adore le tennis, mais j’aime les gens avant tout. Finalement, je rêvais peut être d’être psychologue? Qui sait? D’ailleurs, j’ai travaillé dans la voile, le golf, avec des artistes et aujourd’hui beaucoup dans l’entreprise et la formation. Cela me passionne toujours autant d’observer un être humain découvrant tout son trésor potentiel. Je suis un aventurier de l’âme! En fait, ce qui m’amuse le plus, c’est de chercher à répondre aux problématiques des gens. C’est pourquoi j’ai créé cette manière de travailler qui se veut avant tout pratique.

Quelles sont les idées que tu te faisais du métier d’entraîneur avec de l’exercer et quelles sont les différentes que tu as pu constaté entre les illusions et la réalité?  

J’avais l’image du prof de tennis en survêtement, souvent dehors. Cet aspect là me plaisait énormément. Ensuite, en le découvrant pour de vrai, je n’ai pas été déçu du tout, bien au contraire. J’ai été séduit par un métier qui te donne une grande liberté d’expression. Tu connais beaucoup de job où tu es libre d’enseigner suivant tes convictions? Je fais jouer les yeux fermés, par moment, sans balle, dans les carrés de service… On m’a toujours laissé faire. C’est juste incroyable! Quelle chance! Alors, j’en profite. Les résultats m’y ont aidé, c’est vrai. 

Est-ce que tu penses que la méthode peut s’appliquer à n’importe quel entraîneur?  

Il m’importe plus que l’entraîneur comprenne ma démarche, ma philosophie. C’est pourquoi j’ai écris mon deuxième ouvrage. Les enseignants vont construire des situations, des exercices par rapport aux besoins des joueurs dont ils ont la charge mais aussi par rapport à leurs valeurs et leur vécu. Ce qui me semble important c’est qu’eux même trouvent leur philosophie dans leur enseignement. Je voulais témoigner de ma démarche plus que des exercices.

Comment arrives-tu à transmettre cette méthode justement avec les autres entraîneurs?

Les entraîneurs ou même les joueurs qui viennent me voir sont souvent au bout d’une démarche, au bout d’un chemin. Ils se trouvent dans une impasse car ils sont souvent trop cartésiens dans leur démarche. C’est plus facile dans ces cas-là de se remettre en question. Ils sont donc beaucoup plus ouverts, prêts à vivre des expériences nouvelles. Ils veulent en savoir un peu plus sur les émotions et ce qui se passe dans le cerveau. Ils se rendent compte que l’être humain est composé de deux cerveaux et d’un petit coeur qui bat! Ils ont envie de rééquilibrer tout cela pour eux, mais également dans leur enseignement.  

As-tu constaté qu’il y avait des problématiques différentes concernant la méthode quand on accède au plus haut niveau par rapport à un compétiteur amateur? 

En fait, je ne fais pas de différence entre les deux. La première catégorie voit simplement une aiguille dans une botte de foin, ce qui n’est pas le cas du joueur amateur qui lui aura moins de conscience de lui même. La démarche est la même, par contre ce sont la précision des réponses qui diffèrent.

Pour toi, quels sont les freins auxquels sont confrontés les joueurs par rapport à leur évolution? 

Le principal frein est d’être capable de se laisser aller. Se faire confiance sans jugement. Laisser de côté les émotions pour atteindre la vraie concentration. La route pour « performer » est d’avoir des objectifs précis avant l’action (cerveau gauche) et de se laisser aller ensuite (cerveau droit)

Tu parles du fait que les joueurs ont parfois du mal avec le fait que tu n’apportes pas de réponse toute faite mais qu’ils ont à les chercher (p83). Est-ce que cela ne demande pas au préalable une connaissance de soi que chaque joueur n’a pas toujours?  

Pour moi, il ne peut pas y avoir de constante dans les performances sans une connaissance de soi. C’est pourquoi je pense qu’il y a besoin de faire évoluer l’enseignement du tennis en France. Nous ne pouvons plus fonctionner avec un système basé que sur le directif. Il est temps d’inclure le joueur dans sa pratique par une action participative. Mettre le sportif au coeur de son projet, le laisser s’exprimer, le rendre responsable. Alors que c’est tout l’inverse qui est mis en place. Aujourd’hui, un gamin qui joue bien, on pense qu’il veut devenir champion. On pense à sa place. C’est terrible. Faire confiance, savoir que le fait de verbaliser fait grandir, que le fait de faire des choix amène à la maturité. Voilà le programme: être en conscience de son corps ainsi que de ses émotions. 

Dans quelle mesure tu prends en compte l’histoire personnelle pour entraîner un joueur?

Je prends en compte son histoire en m’occupant avant tout de l’être et non du joueur. Je connais ses valeurs que je ne partage pas forcément. Je comprends ses croyances pour mieux comprendre ses actes. Grâce à toutes ces infos, je me fais une idée s’il est aventurier pour certaines choses et conservateur pour d’autres. Son style de jeu va dépendre aussi de cette introspection. 

T’es-tu confronté à des barrières psychologiques de quelques joueurs?  

Tu ne peux pas passer autant de temps avec des joueurs sans être confronté à ce type de problème. Ton job est d’aider le joueur à consolider son jeu mais en même temps de l’inciter à évoluer. Tu es donc au contact de ces barrières psychologiques régulièrement. Les barrières avec les joueurs que j’ai rencontré sont liées essentiellement au détachement et à la méconnaissance d’eux-mêmes. La plus grosse est arrivée quand Stéphane était 167 à l’A.T.P . Nous étions au mois de juin et il s’est mis dans la tête d’être dans le top 100. Tout d’un coup, alors qu’il avait travailler de façon constante, il trouva une autre stratégie sûrement plus rapide pour atteindre son but. Résultat des courses, il n’intégrera pas le gratin mondial à ce moment-là. Pire, la chute fut grande…Un autre exemple avec un joueur qui n’était pas sincère dans ses « débriefs » d’après match, jusqu’au jour où il m’expliqua vraiment ce qui venait de se passer. A partir  de ce jour, nos relations sont devenues plus intéressantes. Il venait de comprendre que c’était son projet et que pour que je puisse l’aider, la sincérité avait une grande importance. Une troisième : Un joueur avec lequel nous travaillions beaucoup la connaissance de soi. Il me répétait qu’il n’avait jamais d’émotions jusqu’au jour où avant un tournoi, il vint me voir en m’expliquant qu’il en avait tout le temps avant de servir et de retourner. Ce fut une grande évolution dans notre relation. 

As-tu des questionnements sur comment tu pourrais faire évoluer encore plus ta méthode?

Non pas pour le moment! En quoi je pourrais faire évoluer la méthode? La méthode m’a permis d’entraîner tous les classements de NC jusqu’à la 61ème place mondiale. Je pense que toutes mes recherches pendant près de vingt ans n’ont pas été encore au bout de leur potentiel. J’étais d’ailleurs persuadé que Stéphane Robert pouvait aller bien plus haut. Je ne me sentais pas limité de ce côté-là. L’engagement était total. Il n’y avait pas pour moi d’obstacle. J’avais en tête les progrès dans tous les domaines qu’il devait effectuer pour « performer » plus haut. Il les connaissait également. Donc pour moi, la méthode n’a pas donné encore toute sa plénitude. C’est encourageant! 

Est-ce qu’elle pourrait s’appliquer à tous les sports? 

j’ai travaillé dans le tennis bien sûr, comme enseignant de club puis coach sur le circuit. J’ai également collaboré avec un joueur de golf du tour Européen (19 ème joueur Français). Mais également avec des skippers professionnels en course au large. Je pense qu’il n’y a pas de limite puisque l’échange avec le sportif est riche. Il n’y a que de vilaines croyances qui peuvent venir casser cette belle alchimie.

Comment est née l’idée de ce deuxième livre? (car il y a un paradoxe à écrire sur la naissance de la méthode après le premier livre qui était sur la méthode elle-même). 

(Rire). Parce que j’aime surprendre! Non, plus sérieusement, il s’est passé tellement de choses pour moi entre ces deux livres 2008 et 2012. Stéphane et moi sommes allés voir ce qui se faisait au plus haut niveau mondial. Ce n’est pas rien. J’avais donc plus de légitimité pour écrire comment tout cela était arrivé. Ce n’est pas arrivé tout seul. Il y a eu un engagement total de tous les deux. L’accueil du livre me montre bien qu’il y a une vraie demande par rapport à mon expérience. Beaucoup de gens ont envie de savoir. Je vois bien qu’il y a de plus en plus de projet personnel. Les enseignants eux aussi se reconnaissent dans ce livre car je viens du club et que mon classement n’a jamais été élevé. Ca leur donne de l’espoir je crois. 

Est-ce que tu as un projet d’un prochain livre? 

Oui! J’imagine que tu veux connaître le thème du prochain? Mon éditeur souhaite que j’écrive un « Soyez P.R.O la méthode pour oser » adapté au golf. Je souhaite faire un recueil d’exercices de la méthode. L’écriture est devenue un vrai plaisir. J’aime ce travail solitaire et ensuite échanger, partager. 

Le livre Soyez P.R.O est disponible en E-book sur l’Apple Store ou Amazon. La version papier est épuisée. 

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